dimanche 22 avril 2007

Etre assesseur, partie II

Etre assesseur consiste à rester assis sur une chaise, à trouver rapidement le nom de la personne dans un grand cahier et à lui montrer où signer une fois qu'elle a accompli son devoirs. C'est ce que j'ai du faire la première fois. Le directeur du bureau de vote se levait quand quelqu'un s'approchait de l'urne pour l'accueuillir.

La deuxième fois, j'en avais beaucoup plus à faire. On avait clairement indiqué au citoyen que je m'occupais de la première partie de l'alphabet et que c'était vers moi qu'il fallait aller et non vers la directrice du bureau de vote qui restait le cul sur sa chaise.

Ainsi, j'étais seule à vérifier les papiers car elle ne s'en occupait pas. Peut-être est-ce que je vous parais bêtement rigide mais il est important dans un bureau de vote de ne pas commettre un seule erreur grave. Pas une seule sinon le scrutin peut être recommencé.

Le citoyen lambda n'a pas l'habitude de voter, je veux dire par cela qu'il oublie des étapes. Normalement il doit donner ses papiers au directeur (parfois, confus, il tente de nous mettre son bulletin de vote dans la main voire directement dans l'urne qui reste résolument fermée) ensuite on trouve son nom sur la liste et on vérifie que la photo du passeport ou de la carte d'iddentité correspond bien à la tête du citoyen majeur, ce qui l'amène de lui-même à faire des commentaires. Ensuite, il est censé mettre son bulletin de vote dans l'urne, et signer (parfois, encore confus il tente de partir sans signer).

Dans ce bureau de vote la directrice avait tendance à faire voter les gens avant même que je vérifie leur présence sur les listes électorales. Parfois le "a voté" retentissait alors que je tournais frénétiquement les pages. Je m'énervais à chaque fois :

"-Attendez un peu que je le trouve !"

Je me sentais alors un peu caractérielle, après tout les jeunes employés par la mairie avaient vérifié que la personne ne s'était pas trompée de bureau de vote. Je devais passer pour une mono-maniaque-psychyco-tordue de l'assessorat. Eh bien non, lecteur, non, je ne le suis pas. Car la directrice m'a tenue discrètement ce discours un peu après.

"-Vous savez une fois ça m'est arrivé de faire voter quelqu'un qui n'était pas sur les listes.

-Et comment avez-vous fait, dis-je en sous-entendant qu'un bulletin en trop dans les urnes peut faire invalider le scrutin.

-A la clotûre du bureau de vote, j'ai signé à la place de quelqu'un qui..."

Elle s'arrêta là en voyant certainnement l'effet que faisaient sur moi ces propos.

L'un des dysfonctionnements possibles dans un bureau de vote est la propagande. Imaginons que quelqu'un se mette à parler tout haut de son vote, ou bien interpellait les citoyens à propos de leur bulletin, il serait mis dehors. Le problème en ce jour de mai était que la présidente du bureau de vote elle-même avait des propos ambigus.

Les électeurs aiment bien parfois échanger un mot avec les assesseurs ou bien avec la directrice du bureau de vote, pour le coup elle leur recommandait que l'important était de bien voter et qu'il fallait mettre le bon bulletin d'un air entendu, tout le monde comprenait qu'il fallait voter oui à ce référendum.

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