vendredi 4 mai 2007

M. Sarkozy et la repentance

La repentance est un terme à connotation religieuse, c'est la douleur qu'on éprouve de ses péchés. Faire repentance, c'est manifester publiquement cette douleur, c'est reconnaître qu'on a changé d'avis sur une chose. La repentance est un changement qu'on éprouve après s'être repenti. En faisant repentance, on se cherche à se réconcilier avec celui qu'on a offensé.
Il est curieux de voir que ce mot est revenu régulièrement ces dernières semaines dans la bouche de M. Sarkozy, nous avons récuppéré sur le site le l'UMP à cette page le script du discours. Ensuite, nous avons recherché les apparitions du mot repentance et nous avons fait de larges citations (parfois une soixantaine de ligne) pour ne pas isoler le mot de son contexte et tenté d'extraire les idées qui s'associent à ce mot, nous vous en présentons ici un résumé. Voyons donc ensemble ce que représente ce mot dans le discours de M. Sarkozy et quelles idées il implique.

I. Le mot "repentance" dans le discours de N. Sarkozy.

Considérons les discours de campagne de M. Sarkozy du 1er mars au 3 mai, le mot repentance apparaît presque à chaque fois, dans 17 de ses allocutions. Remarquons que ce mot revient dans sa bouche parfois à plusieurs endroits éloignés d'un même discours comme dans celui 29 avril où la repentance est représentative de plusieurs idées.
La repentance a des synonymes chez M. Sarkozy qui sont différents de ceux du dictionnaire qui sont le regret, le remord et le repentir. Dans le discours du 19 avril, la repentance semble être au moins en partie un contraire de la compréhension et du respect.

Aux Algériens, aux Marocains, aux Tunisiens, à tous les ressortissants de nos anciennes colonies qui espérant dans la France sont venus y vivre, je veux dire que la France leur tend la main, qu’elle les accueille fraternellement, qu’elle ne leur offre pas la repentance mais la compréhension et le respect.
Discours de N. Sarkozy, le 19 avril 2007

Chez M. Sarkozy, faire repentance est se dénigrer.

Ici, on n’aime pas la repentance, cette mode exécrable qui veut faire expier aux fils les fautes supposées de leurs pères. Ici on n’aime pas la repentance qui est un dénigrement systématique de la France et de son histoire.
Je déteste cette repentance qui est une forme de la détestation de soi parce que l’on n’a qu’un pays. Le détester c’est se détester soi-même.
Discours de N. Sarkozy, le 17 avril 2007

Admettre qu'on a eu tort, c'est à dire se repentir peut-être vu de deux manières différentes. Chez certains, revenir sur ce qu'on a dit, changer, c'est rendre à l'autre ce qu'on lui doit et c'est admettre qu'on a mal fait. Changer nous enrichit et nous fait prendre conscience qu'un autre point de vue existe. On ressord alors grandit de l'expression de regrets. Chez d'autres en revanche, éprouver des regrets, c'est capituler, c'est reculer et c'est se soumettre à d'autres. S'excuser est associé à l'idée de honte et finalement tout cela rabaisse.
Il me semble que M. Sarkory est dans une certaine mesure, plus proche de ce deuxième point de vue, dans cette dernière citation, on voit que pour lui la repentance est un dénigrement, c'est à dire que celui qui éprouve des remords au sujets de certains choses qui ont été faites au nom de la France se méprise lui-même. Cette idée a été soutenue plusieurs fois dans les allocutions de M. Sarkozy, par exemple le 13 mars 2007 :

la France n’a jamais demandé à personne de se renier. Mais à force d’excommunier la nation, à force de dénigrer la France, à force de la mettre en demeure d’expier son histoire, à force de cultiver la repentance et la haine de soi, il devient de plus en plus difficile d’intégrer, de socialiser et même d’éduquer. Car on cherche rarement à s’intégrer à ce qu’on a appris à détester.
Discours de N. Sarkozy, le 13 mars 2007
L'allocution de M. Sarkozy du 28 mars 2007, nous montre clairement que la repentance est associée à la honte :

Vous en avez assez de la repentance.
Vous en avez assez que l’on cherche à vous imposer d’avoir honte de la France, de son histoire, de ses valeurs.
Discours de M. Sarkozy, le 28 mars 2007

Finalement, M. Sarkozy tout en reconnaissant que M. Chirac a bien fait de s'excuser pour les crimes commis par la France de Vichy, par exemple semble vouloir nous mettre en garde contre un excès d'excuse. Cela dit, l'espace est étroit entre ces deux attitudes et M. Sarkozy associe la repentance à d'autres idées négatives.

II. La repentance est une entrave dans les discours de M. Sarkozy.

Nous avons vu d'une manière générale que la repentance avait une connotation négative dans les allocutions de M. Sarkozy. Alors que la repentance est dans un langage neutre le remord public, chez M. Sarkozy, elle est associée à divers thème comme le patriotisme, la liberté de pensée et la haine de l'autre.

La repentance selon M. Sarkozy est une atteinte directe au patriotisme.

J’ai voulu parler de la France parce que depuis trop longtemps elle était dénigrée et parce qu’à force de l’abîmer, à force de l’abaisser, à force de renier son histoire, sa culture, ses valeurs, à force de tout détester, de détester la famille, la patrie, la religion, la société, le travail, la politesse, l’ordre, la morale, à force on finit par se détester soi-même. Et je pense que la détestation de soi est toujours le commencement de la détestation de l’autre.
A force, c’est notre capacité à nous parler, à nous comprendre, à nous supporter qui se trouve remise en cause. C’est notre capacité à vivre ensemble qui se trouve menacée.

Je déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son Histoire.
Discours de N. Sarkozy, le 19 avril 2007

Rappelons que faire repentance c'est se repentir publiquement, ainsi M. Nicolas Sarkozy semble résumer en un mot le reniment de son histoire, de sa culture, de ses valeurs et de toutes les autres choses qu'il a citées. Dans la citation précédente lorsqu'il parle de cette mode de la repentance, le président de l'UMP désigne bien la repentance comme une atteinte au patriotisme. Il est vrai que pour exalter la ferveur à l'endroit de la France, il ne faut pas s'appesantir sur ses heures sombres mais plutôt sur ses heures de gloire, cependant en assimilant la repentance au dénigrement de soit et ses valeurs républicaines -car le respect de la patrie, de la société, du travail, etc... sont bien des valeurs républicaines -, M. Sarkozy nous interdit d'éprouver des regrets. Vous pensez que la colonisation a été une erreur de la France? Vous êtes anti-patriote, voire anti-France. Et M. Sarkozy nous confirme qu'il n'y a pas de voie entre la sienne et celle qu'il dénonce.

Je veux que l’on respecte la Nation.

Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France.

Français au sang mêlé, qui doit tout à la France, je suis fier d’être Français.

Je veux redonner à tous les Français la fierté d’être Français.

Je veux leur dire qu’ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l’Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu’ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux.
Discours de N. Sarkozy du 30 mars 2007

Cette idée de la repentance comme obstable au patriotisme est confirmée à plusieurs reprises.

Je veux prendre mes responsabilités. Nous avons eu le tort de trop laisser dénigrer la France, son histoire et son identité.
Je déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son Histoire.
Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers de notre pays.
Je déteste la repentance qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires.
Je déteste la repentance qui dresse les Français les uns contre les autres en fonction de leurs origines.
Je déteste la repentance qui est un obstacle à l’intégration parce que l’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester, alors que l’on devrait le respecter et l’aimer. Voilà ma vérité
Discours de N. Sarkozy, 5 avril 2007

Notons que la repentance est associée à des idées plus fortes encore, reconnaître que la France a fait des victimes revient à abaisser la France plus bas que Terre.

La France n’a jamais demandé à personne de se renier. Mais à force d’excommunier la nation, à force de dénigrer la France, à force de la mettre en demeure d’expier son histoire, à force de cultiver la repentance et la haine de soi, il devient de plus en plus difficile d’intégrer, de socialiser et même d’éduquer. Car on cherche rarement à s’intégrer à ce qu’on a appris à détester.
Discours de M. Nicolas Sarkozy, le 13 mars 2007

Mais alors, faire preuve d'un excès envers une victime de la politique de la France, donner trop à un Juif déporté, à un Algérien assassiné gratuitement par l'armée française, c'est donc exacerber les communautés ? Peut-être. C'est expier son histoire ? Un peu. C'est apprendre à détester la France ? Au contraire si la France se grandit en reconnaissance qu'elle a mal agit. C'est excommunier la France ? Certainnement pas. Il vaut mieux indemiser un peu trop une victime que ne pas le faire assez, et M. Sarkozy qui se pose en défenseur des victimes devrait se le rappeler.

La repentance selon M. Sarkozy nous prive de notre liberté de penser, voire de notre liberté de pensée. En effet, nous avons vu que la repentance selon M. Sarkozy s'oppose aux valeurs républicaines. Selon M. Sarkozy la repentance est une arme de la pensée unique qui vise à nous imposer une certaine vision des choses.

Ils ne veulent pas de la repentance. Ils ne veulent pas de ce dénigrement de la France, de ses valeurs et de son histoire, qui n’est rien d’autre qu’une forme de haine de soi. Car haïr la France quand on est Français c’est se haïr soi-même. Car mépriser la France quand on est Français c’est se mépriser soi-même.
Discours de M. Sarkozy, le 6 mars 2007

La repentance nous impose la haine. Il s'agit d'un retournement de valeurs, en effet la repentance ou le remord est un changement. C'est quand on s'aperçoit qu'on a mal fait qu'on se repent ou bien qu'on a des remords, on modifie alors sa pensée. Sans la repentance il est possible de changer mais il n'est pas possible de reconnaître réellement ses erreurs. A quoi bon reconnaître que l'on s'est trompé si ce n'est pour ne rien ressentir. Faire repentance, c'est démontrer qu'on est pas prisonnier de ses actions passées. Ne pas avoir de regret vis à vis de ce qu'on a fait, c'est justement être enfermé, c'est justement continuer à haïr celui à qui on a fait du mal.

III. Un certaine idée de l'histoire de la France.

Nous avons vu que M. Sarkozy ne veut pas d'un excès d'excuses envers la politique de la France dans ses heures sombres. M. Sarkozy dit à plusieurs reprises que la repentance vise à faire expier aux fils les fautes supposées des pères.

Il y avait la repentance qui demandait aux fils d’expier les fautes supposées de leurs pères et même de leurs
aïeux ou de leurs ancêtres.
Discours de N. Sarkozy du 3 mai 2007

M. Sarkozy ne développe pas ce qu'il entend par fautes supposées, cependant il est certain que nos pères commis des fautes, il en ont commises pendant la colonisation, sous la république de Vichy, nos aïeux aussi, certains ont défendu l'esclavage et l'on peut remonter loin comme cela. Dans son discours du 3 mai, M. Sarkozy persiste et signe ce qu'il a dit à d'autres occasions.

Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ?
Dicours de M. Sarkozy du 23 avril 2007

Ici, on n’aime pas la repentance, cette mode exécrable qui veut faire expier aux fils les fautes supposées de leurs pères. Ici on n’aime pas la repentance qui est un dénigrement systématique de la France et de son histoire.
Dicours de N. Sarkozy, le 17 avril 2007

Refuser la repentance, nous amène avec M. Sarkozy à ne pas prendre en considérations les souffrances passées des ressortissants de nos anciennes colonies. Les Harkis, par exemple ont le droit à nos excuses, et ce n'est que trop juste, les autres à notre considération.

Aux enfants des harkis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excuses et des réparations, c’est à eux qu’elle les doit et à personne d’autre.
A tous les anciens combattants de nos anciennes colonies, je veux dire la reconnaissance de la France et je veux rendre hommage à jacques Chirac de leur avoir rendu justice.
Aux Algériens, aux Marocains, aux Tunisiens, à tous les ressortissants de nos anciennes colonies qui espérant dans la France sont venus y vivre, je veux dire que la France leur tend la main, qu’elle les accueille fraternellement, qu’elle ne leur offre pas la repentance mais la compréhension et le respect.
Discours de N. Sarkozy du 19 avril 2007
Il ne s'agit pas pour nous de dire si la politique de la France a été bonne ou mauvaise dans les colonies mais simplement de remarquer que M. Sarkozy coupe court dans ces quelques phrases à toute possibilité de reconnaissance des fautes comises. Doit-on dire aux personnes qui ont été torturées en Algérie qu'elle ont le droit à notre compréhension et à notre respect ? Car selon ces paroles, seuls les Harkis ont le droit à nos excuses. Ainsi en ne donnant pas aux victimes de nos erreurs politiques leur dû, on exacerbe les communautarismes au lieu de les calmer.
M. Sarkozy exacerbe au contraire les communautés entre elles, il y a les bonnes victimes et les autres :

A Aigues-Mortes les femmes protestantes enfermées dans la Tour de Constance ont gravé sur les murs de leur
prison « Résister », aucune d’ente elles n’a écrit « mort à la France » comme on le voit aujourd’hui sur certains
murs.
Discours de M. Sarkozy le 3 mai 2007

Lorsque l'on doit examiner ses fautes passées, il est de mauvais ton de se comparer à ceux qui ont fait pire que nous.

Alors, c’est vrai, il y a dans notre histoire des erreurs, des fautes, des crimes, comme dans toutes les histoires de
tous les pays. Mais nous n’avons pas à rougir de l’histoire de France.
La France n’a pas commis de génocide, elle n’a pas inventé la solution finale. Elle est le pays qui a le plus fait
pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayonner les valeurs de liberté, de tolérance,
d’humanisme.
Discours de M. Sarkozy du 3 mai 2077

M. Sarkozy ne veut rien reconnaître à la France de pire que des crimes, mais nous avons à rougir d'une partie de l'histoire de la France. Nous avons à rougir de l'esclavage, du code Noir, de la Terreur, choses relativement anciennes. Alors que la déclaration des droits de l'homme date du XVIIIème siècle, le code de l'indigénat qui divise en deux les citoyens français et les sujets français prive ces derniers de leur liberté et de leurs droits. Ce code a été aboli en 1946 et a été maintenu d'une certaine façon grâce au statut mulsulman jusqu'à l'indépendance.


Dans ces discours en nous laissant une étroite marche de manoeuvre entre l'oubli, le souvenir et la repentance, M. Sarkozy nous interdit d'exprimer une certaine pensée désignée à l'avance comme anti-patriotique et anti-française. Il revisite l'histoire de France d'une certaine façon, n'apaise pas les revendications de certaines victimes de la France en ne leur donnant pas justice et refuse le changement, la discussion.

9 commentaires:

Lyriane a dit…

En fait je ne suis pas très contente de mon article car c'est un résumé de quelque chose plus long que j'avais fait.

Coumarine a dit…

et pourtant je l'ai lu avec intérêt, il est très bien documenté
(je viens de chez fcplume...

Lyriane a dit…

Fcplume, j'aime bien votre blogue. En fait j'ai un fichier texte géant avec tous les discours de Sarkozy, trouver toutes les occurences du mot repentance a été assez fatidieux.

Mais il y a certains thème que j'aimerai développer. Pour M. Sarkozy, la repentance c'est une arme de gauchistes et de 68ard, c'est amusant comme il dénigre la repentance en disant que c'est la pensée unique alors que dans ses discours il ne laisse pas de choix "Vous êtes de mon côté ou bien vous êtes du côté de ceux qui haïssent la France"

Je développerai qqch sur ce thème... un jour !

fc a dit…

Merci, lyriane pour ton passage chez moi et ton commentaire. Pour ma part, je trouve ton article très intéressant. Il participe à une réelle analyse de contenu des discours de M. Sarko. J'aime assez cette technique d'analyse du contenu qui donne le sens à un mot en voyant à quoi l'auteur semble l'opposer. M'en vais, si j'en trouve le temps, écrire un mot la-dessus un de ces jours. A bientôt.

Lyriane a dit…

Ok n'hésites pas à m'en faire part, je passerai sur ton blog.

Anonyme a dit…

J'ai bien peur que, sous des dehors de longues citations et d'apparents raisonnements solides "bien documentés", vous ne vous fourvoyiez malheureusement totalement...
Vous tentez une analyse quasi grammaticale sur ce qui est une valeur, un concept.
Car il ne s'agit pas de simples mots mais bien d'une philosophie politique, une VALEUR...
Je ne suis pas un partisan de NS, loin de là...
Néanmoins, je pense savoir de quoi il parle, puisqu'il a "piqué" cette rhétorique à un mouvement que j'affectionne particulièrement, mené entre autre par Philippe de Villiers...
Arrrggg, mon dieu, un souverainiste...
Et oui, puisque c'est de ça finalement qu'il s'agit...
Aussi, avant de critiquer ces valeurs sous des prétextes linguistiques, vaudrait peut-être mieux savoir de quoi on parle, aussi vous conseille-je deux livres :
Un très fin, facile à lire : Fier d'être français de Max Gallo (qui fait certainement partie des penseurs ayant inspirés ce genre de valeurs à NS, Max Gallo, viel homme de gauche passé à droite devant le fiasco -le néant...- idéologique de la gauche actuelle...)
Un plus épais, plus ardu aussi, mais une référence absolue en la matière : Etre et parler français de Paul-Marie Coûteaux (qui est certainement LE penseur actuel de cette idée de souveraineté qu'elle soit de droite avec P2V comme de gauche avec Chevénement...)
Vous verrez alors que ce qui vous semble être des gros mots sont pour beaucoup de vraies valeurs !!!

Lyriane a dit…

Bonjour Monsieur,

Je vais tenter de répondre point par point à vos affirmations.

J'ai bien peur que, sous des dehors de longues citations et d'apparents raisonnements solides "bien documentés", vous ne vous fourvoyiez malheureusement totalement...
Vous tentez une analyse quasi grammaticale sur ce qui est une valeur, un concept.
Car il ne s'agit pas de simples mots mais bien d'une philosophie politique, une VALEUR...


Je n'ai pas fait d'analyse grammaticale, lorsque je dis que M. Sarkozy associe la repentance au dénigrement de soi et de la France, où voyez-vous une quelconque analyse grammaticale ? J'ai bel et bien manipulé des concepts qui sont la repentence, la fierté d'être Français... d'autre part une analyse grammaticale des propos de M. Sarkozy me permettra d'enrichir cet article, ce que je compte faire.

Je ne suis pas un partisan de NS, loin de là...
Néanmoins, je pense savoir de quoi il parle, puisqu'il a "piqué" cette rhétorique à un mouvement que j'affectionne particulièrement, mené entre autre par Philippe de Villiers...
Arrrggg, mon dieu, un souverainiste...
Et oui, puisque c'est de ça finalement qu'il s'agit...


M. Sarkozy peut piquer ses idées à droite à gauche au centre, ce n'est pas mon problème, l'important est qu'il les as fait siennes. De plus remettre en cause les idées de N. Sarkozy ne dont pas de lui un souverainiste et je pense que l'on peut être pour la souveraineté de la France (en dehors de l'Europe, etc...) et vouloir une France forte et fière sans pour autant traiter avec une telle condescendance les ressortissants de nos anciennes colonies.


Un très fin, facile à lire : Fier d'être français de Max Gallo (qui fait certainement partie des penseurs ayant inspirés ce genre de valeurs à NS, Max Gallo, viel homme de gauche passé à droite devant le fiasco -le néant...- idéologique de la gauche actuelle...)
Un plus épais, plus ardu aussi, mais une référence absolue en la matière : Etre et parler français de Paul-Marie Coûteaux (qui est certainement LE penseur actuel de cette idée de souveraineté qu'elle soit de droite avec P2V comme de gauche avec Chevénement...)



Merci pour vos conseils de lecture, ça tombe bien je suis très éclectique, j'ai lu le premier livre mais pas le deuxième. Reconnaître le massacre de Sétif ne vous empêche pas d'être fièr d'être Français, le massacre de Sétif n'est pas l'arbre qui cache la forêt de nos Hugo, de nos Dumas, de nos Renoirs, de nos églises gothiques, de notre centre Pompidou et j'en passe ! Avec Sarkozy, pour reprendre l'exemple de l'Algérie seuls les Harkis ont le droit à nos excuses. Ceux qui ont vécu jusqu'en 1946 sous le code de l'indigénat n'ont le droit qu'à notre compréhension ?

Vous verrez alors que ce qui vous semble être des gros mots sont pour beaucoup de vraies valeurs !!!

Merci d'éviter les attaques personnelles, je ne vous permets pas de dire que je n'aime pas mon pays. Je dénonce un Sarkozy qui ne pêche pas par excès d'honnêteté intellectuelle.

Magnetar a dit…

Super article. Vraiment bien documenté.

Xavier Le Garrec a dit…

merci beaucoup pour cette lecture, c'est un très bon article !