Le soir peu avant 20h00 à la fermeture du bureau de vote, le bureau de vote d'à côté vit arriver un vieil homme en fauteuil roulant accompagné de deux personnes. Le directeur du bureau de vote d'à côté nous appela et la directrice du bureau de vote alla le voir, l'homme avait sa carte d'électeur et pour tout papier d'iddentité sa carte de bibliothèque. Cas de conscience, devaient-ils le voter ? Certes non, mais ils l'ont fait.
Après cette longue journée et refroidis par la nourriture infecte qui nous était apportés, il s'agissait maintenant de dépouiller les voix. Toute la journée j'avais demandé aux jeunes et aux un peu moins jeunes s'ils pouvaient venir dépouiller à huit heures. La directrice disait à certains que le dépouillement durerait 20 minutes. Même s'il vaut mieux donner des durées optimistes aux gens pour les faire venir, il ne faut pas leur donner des données farfelues, je disais plus raisonnablement qu'il durerait une bonne heure et effectivement le dépouillement dura un peu moins de deux heures.
J'ai tenu à accompagner la directrice du bureau de vote jusqu'à la mairie. De plus je savais qu'un petit buffet serait servi et j'avais faim, je ne m'occupais pas de l'urne et laissait la corvée à la directrice, d'ailleurs c'était son boulot.
Le buffet était très appétissant, nous n'étions pas des V.I.P et je m'attendais à quelque chose d'un peu plus "chips-jus d'orange". Il n'en était rien, il y avait du vin, bon selon moi, du champagne, de la charcuterie, des salades, du très bon fromage et beaucoup d'autres choses. On avait pas le droit de se servir nous-mêmes, des serveurs se tenaient derrière le buffet pour cela.
Quelques temps plus tard, j'ai lu un article du Canard enchaîné sur les frais de réceptions de certains maires parisiens qui battaient des records. C'est vrai, je l'ai constaté de mes propres papilles, ils mettent les petits plats dans les grands.
dimanche 22 avril 2007
Etre assesseur, partie III (le soir)
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Etre assesseur, partie II
Etre assesseur consiste à rester assis sur une chaise, à trouver rapidement le nom de la personne dans un grand cahier et à lui montrer où signer une fois qu'elle a accompli son devoirs. C'est ce que j'ai du faire la première fois. Le directeur du bureau de vote se levait quand quelqu'un s'approchait de l'urne pour l'accueuillir.
La deuxième fois, j'en avais beaucoup plus à faire. On avait clairement indiqué au citoyen que je m'occupais de la première partie de l'alphabet et que c'était vers moi qu'il fallait aller et non vers la directrice du bureau de vote qui restait le cul sur sa chaise.
Ainsi, j'étais seule à vérifier les papiers car elle ne s'en occupait pas. Peut-être est-ce que je vous parais bêtement rigide mais il est important dans un bureau de vote de ne pas commettre un seule erreur grave. Pas une seule sinon le scrutin peut être recommencé.
Le citoyen lambda n'a pas l'habitude de voter, je veux dire par cela qu'il oublie des étapes. Normalement il doit donner ses papiers au directeur (parfois, confus, il tente de nous mettre son bulletin de vote dans la main voire directement dans l'urne qui reste résolument fermée) ensuite on trouve son nom sur la liste et on vérifie que la photo du passeport ou de la carte d'iddentité correspond bien à la tête du citoyen majeur, ce qui l'amène de lui-même à faire des commentaires. Ensuite, il est censé mettre son bulletin de vote dans l'urne, et signer (parfois, encore confus il tente de partir sans signer).
Dans ce bureau de vote la directrice avait tendance à faire voter les gens avant même que je vérifie leur présence sur les listes électorales. Parfois le "a voté" retentissait alors que je tournais frénétiquement les pages. Je m'énervais à chaque fois :
"-Attendez un peu que je le trouve !"
Je me sentais alors un peu caractérielle, après tout les jeunes employés par la mairie avaient vérifié que la personne ne s'était pas trompée de bureau de vote. Je devais passer pour une mono-maniaque-psychyco-tordue de l'assessorat. Eh bien non, lecteur, non, je ne le suis pas. Car la directrice m'a tenue discrètement ce discours un peu après.
"-Vous savez une fois ça m'est arrivé de faire voter quelqu'un qui n'était pas sur les listes.
-Et comment avez-vous fait, dis-je en sous-entendant qu'un bulletin en trop dans les urnes peut faire invalider le scrutin.
-A la clotûre du bureau de vote, j'ai signé à la place de quelqu'un qui..."
Elle s'arrêta là en voyant certainnement l'effet que faisaient sur moi ces propos.
L'un des dysfonctionnements possibles dans un bureau de vote est la propagande. Imaginons que quelqu'un se mette à parler tout haut de son vote, ou bien interpellait les citoyens à propos de leur bulletin, il serait mis dehors. Le problème en ce jour de mai était que la présidente du bureau de vote elle-même avait des propos ambigus.
Les électeurs aiment bien parfois échanger un mot avec les assesseurs ou bien avec la directrice du bureau de vote, pour le coup elle leur recommandait que l'important était de bien voter et qu'il fallait mettre le bon bulletin d'un air entendu, tout le monde comprenait qu'il fallait voter oui à ce référendum.
La deuxième fois, j'en avais beaucoup plus à faire. On avait clairement indiqué au citoyen que je m'occupais de la première partie de l'alphabet et que c'était vers moi qu'il fallait aller et non vers la directrice du bureau de vote qui restait le cul sur sa chaise.
Ainsi, j'étais seule à vérifier les papiers car elle ne s'en occupait pas. Peut-être est-ce que je vous parais bêtement rigide mais il est important dans un bureau de vote de ne pas commettre un seule erreur grave. Pas une seule sinon le scrutin peut être recommencé.
Le citoyen lambda n'a pas l'habitude de voter, je veux dire par cela qu'il oublie des étapes. Normalement il doit donner ses papiers au directeur (parfois, confus, il tente de nous mettre son bulletin de vote dans la main voire directement dans l'urne qui reste résolument fermée) ensuite on trouve son nom sur la liste et on vérifie que la photo du passeport ou de la carte d'iddentité correspond bien à la tête du citoyen majeur, ce qui l'amène de lui-même à faire des commentaires. Ensuite, il est censé mettre son bulletin de vote dans l'urne, et signer (parfois, encore confus il tente de partir sans signer).
Dans ce bureau de vote la directrice avait tendance à faire voter les gens avant même que je vérifie leur présence sur les listes électorales. Parfois le "a voté" retentissait alors que je tournais frénétiquement les pages. Je m'énervais à chaque fois :
"-Attendez un peu que je le trouve !"
Je me sentais alors un peu caractérielle, après tout les jeunes employés par la mairie avaient vérifié que la personne ne s'était pas trompée de bureau de vote. Je devais passer pour une mono-maniaque-psychyco-tordue de l'assessorat. Eh bien non, lecteur, non, je ne le suis pas. Car la directrice m'a tenue discrètement ce discours un peu après.
"-Vous savez une fois ça m'est arrivé de faire voter quelqu'un qui n'était pas sur les listes.
-Et comment avez-vous fait, dis-je en sous-entendant qu'un bulletin en trop dans les urnes peut faire invalider le scrutin.
-A la clotûre du bureau de vote, j'ai signé à la place de quelqu'un qui..."
Elle s'arrêta là en voyant certainnement l'effet que faisaient sur moi ces propos.
L'un des dysfonctionnements possibles dans un bureau de vote est la propagande. Imaginons que quelqu'un se mette à parler tout haut de son vote, ou bien interpellait les citoyens à propos de leur bulletin, il serait mis dehors. Le problème en ce jour de mai était que la présidente du bureau de vote elle-même avait des propos ambigus.
Les électeurs aiment bien parfois échanger un mot avec les assesseurs ou bien avec la directrice du bureau de vote, pour le coup elle leur recommandait que l'important était de bien voter et qu'il fallait mettre le bon bulletin d'un air entendu, tout le monde comprenait qu'il fallait voter oui à ce référendum.
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samedi 21 avril 2007
Etre assesseur, partie I
J'ai voté pour la première fois aux élections européennes de 2004. Il y avait dans ma circonscription parisienne une foule de listes candidates, celles des grands partis biens sûrs, celles d'écologistes indépendants des verts, celles de micro-mouvement s comme celui de Dieudonné pour la Palestine (autant que je me souvienne). Lors du vote un des assesseur m'a proposé de venir dépouiller. Malheureusement, le scrutin se déroulait en période de bac et j'ai donc décliné l'invitation. J'ai bien fait, j'ai eu des echos du dépouillage et ils ont passé des heures à se mélanger les pinceaux entre les listes candidates.
Cependant même le dépouillage m'interessait et j'ai promis de revenir de le faire à la prochaine élection.
Peu après nous avons eu une élection partielle législative et j'ai dépouillé les bulletins de vote, ce qui a amené le couple qui avait l'habitude de s'occuper du bureau de vote à me demander si je pouvais prendre leur place d'assesseur exceptionnellement car pour le deuxième tour, ils ne seraient pas là. J'ai accepté et c'est ainsi que j'ai tenu mon bureau de vote pour la première fois.
J'étais très fière de moi ce jour-là, je suis arrivée à 7h30 ce jour-là et j'ai aidé à mettre en place l'urne, j'ai empoché fièrement la clé dans ma poche. Le directeur du bureau de vote était un homme qui devait avoir la quarantaine, l'autre assesseuse était une dame assez âgée qui avait pour passion un jeu appelé Voltaire qui était en réalité un jeu de scrabble solo.
Il y avait des jeunes employés par la mairie chargés de mettre en place les isoloirs et de distribuer les enveloppes à l'entrée. Le directeur du bureau de vote était chargé d'accueillir les votants, de regarder leurs papiers. A ce moment je cherchais le nom de la personne dans la liste et nous vérifiions que tout concordait. Puis on procédait au vote et enfin la personne signait.
L'autre assesseuse était assez âgée et elle n'a pas eu le courage de rester longtemps, elle est partie vers 10 heures et est revenue à 17h. Personne ne peut lui en vouloir, mais lorsque la contrôleuse est arrivée - je ne sais pas comment on appelle ces fonctionnaires de la mairie qui sont chargés de passer dans tous les bureaux de vote pour voir si tout fonctionne bien - lorsque donc elle est arrivée elle a demandé où était l'autre assesseur.
Ouvrons une parenthèse, être deux à tenir un bureau de vote est plus que limite, il faut à tout prix essayer de trouver une troisième personne quitte à tenter de débaucher chaque électeur qui se présente.
"- Elle est partie et reviendra dans 5 minutes."
J'étais choquée, ça n'invalidait pas le scrutin de n'être que deux pendant plusieurs heures, il a mentit délibéremment et avec aplomb. Mais ceci n'était pas très grave en soi il y a eu des dysfonctionnements bien plus importants dans les bureaux de vote.
Cependant même le dépouillage m'interessait et j'ai promis de revenir de le faire à la prochaine élection.
Peu après nous avons eu une élection partielle législative et j'ai dépouillé les bulletins de vote, ce qui a amené le couple qui avait l'habitude de s'occuper du bureau de vote à me demander si je pouvais prendre leur place d'assesseur exceptionnellement car pour le deuxième tour, ils ne seraient pas là. J'ai accepté et c'est ainsi que j'ai tenu mon bureau de vote pour la première fois.
J'étais très fière de moi ce jour-là, je suis arrivée à 7h30 ce jour-là et j'ai aidé à mettre en place l'urne, j'ai empoché fièrement la clé dans ma poche. Le directeur du bureau de vote était un homme qui devait avoir la quarantaine, l'autre assesseuse était une dame assez âgée qui avait pour passion un jeu appelé Voltaire qui était en réalité un jeu de scrabble solo.
Il y avait des jeunes employés par la mairie chargés de mettre en place les isoloirs et de distribuer les enveloppes à l'entrée. Le directeur du bureau de vote était chargé d'accueillir les votants, de regarder leurs papiers. A ce moment je cherchais le nom de la personne dans la liste et nous vérifiions que tout concordait. Puis on procédait au vote et enfin la personne signait.
L'autre assesseuse était assez âgée et elle n'a pas eu le courage de rester longtemps, elle est partie vers 10 heures et est revenue à 17h. Personne ne peut lui en vouloir, mais lorsque la contrôleuse est arrivée - je ne sais pas comment on appelle ces fonctionnaires de la mairie qui sont chargés de passer dans tous les bureaux de vote pour voir si tout fonctionne bien - lorsque donc elle est arrivée elle a demandé où était l'autre assesseur.
Ouvrons une parenthèse, être deux à tenir un bureau de vote est plus que limite, il faut à tout prix essayer de trouver une troisième personne quitte à tenter de débaucher chaque électeur qui se présente.
"- Elle est partie et reviendra dans 5 minutes."
J'étais choquée, ça n'invalidait pas le scrutin de n'être que deux pendant plusieurs heures, il a mentit délibéremment et avec aplomb. Mais ceci n'était pas très grave en soi il y a eu des dysfonctionnements bien plus importants dans les bureaux de vote.
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Pourquoi ce blog ? Contrat avec mes lecteurs.
En guise d'introduction, voici un petit message court pour présenter les raisons qui me poussent à faire ce blog.
Tout d'abord, j'exerce ainsi mon droit d'expression, j'aime réagir sur l'actualité politique et le monde en général. J'aime discuter, donner mon avis. D'ailleurs je vous invite à donner votre avis sur mes articles.
J'ai adhéré au PS, j'ai été asseuse plusieurs fois dans un bureau de vote et mes premiers articles seront sur ces sujets.
Au plaisir de vous voir passer souvent !
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