mercredi 30 mai 2007
The Big Donnorshow
On a eu plus, on a vu chaque été des gens se battre pour trois coquillages dans Koh-Lanta, on les a vus accrochés à un poteau en tentant de tenir le plus longtemps. Pfff la crucifixion c'était autre chose !
Comment donner plus encore?
A ma droite une femme, elle a une tumeur au cerveau, elle n'en a plus pour longtemps, elle va clapser la vieille !
A ma gauche trois candidats choisi par la production. Ils ont besoin de son rein, qui va t'elle choisir ?
En face de moi, le public, votez par sms pour influencer la donneuse.
Tout cela sous l'oeil des caméras et sous une pieuse excuse une sommité de la télé hollandaise est morte en attendant une greffe de rein. Le but pédagogique : inciter les gens à s'inscrire sur les listes de dons d'organes.
Prenez braves gens ! Nous avons fait un pas de plus ! Un jour viendra où on filmera le prélevement d'organes, où on sélectionnera des candidats dont on est pas sûr que la greffe réussira. Peut-on écouter ce qu'a à dire à ce sujet le mari, les enfants ? De quelle maladie souffrent les receveurs, comment l'ont-ils contracté ? Est-ce douloureux ? A quel point ?
Les clashs entre les minots de la Star Academy, ça nous paraît bien fade ! On veut des émissions où la vie des gens est en jeu !
Cher candidat receveur,
Comment se passe cette épreuve ? Te sens-tu en bonne position pour obtenir les faveurs de la mourante ? Ne crains-tu pas qu'elle ait une rémission ? Que son état se stabilise ? Souffres-tu ? Beaucoup ?
Bien à toi, si tu réponds à ma lettre, je voterai pour toi.
Bref, on se rapproche doucement de trois mondes non incompatibles. Celui d'Acide sulfurique d'Amélie Nothomb qui raconte une émission de télé-réalité appelée Concentration qui se passe dans une sorte de camp de concentration, celui de Marche ou crève qui racontent comment 100 jeunes sont obligés de marcher jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un, et celui de Running man où un homme pour sortir de sa misère se fait sélectionner à une émission appelée La Grand Traque où il n'a qu'un but échapper à des chasseurs décidés à lui faire la peau pendant un mois.
En ce qui concerne Acide sulfurique, j'ai été étonnée de voir que l'émission Concentration se passe dans un monde où les médias semblent libres.
jeudi 24 mai 2007
Commentaire un peu amer de Jean-Pierre Raffarin
"Je suis, en ce moment, beaucoup interrogé sur l'ouverture. Je l'approuve. La question que nous devons régler après les législatives sera celle de l'organisation d'une majorité présidentielle multipolaire. L'UMP devra ainsi défendre son pluralisme fondateur, puisqu'elle est née de l'union des gaullistes, des libéraux et des centristes.Je m'engagerai pour ce maintien de la diversité de l'UMP. En effet, si le pluralisme de l'UMP n'était plus lisible dans le gouvernement, au Parlement et dans le parti, il y aurait des tentations de départ de l'UMP vers les autres pôles de la majorité présidentielle. jpr"
Loin de moi l'idée de lui faire des procès d'intention mais la dernière phrase est claire, si les fidèles de l'UMP quelqu'ils soient (gaullistes, libéraux) sous entendu (c'est mon appréciation) Sarkozystes de la première heure ou non ne sont pas récompensés, il y aurait des tentations de départ vers "les autres pôles de la majorité présidentielle". On sait d'où vient Raffarin, la menace est à peine voilée, cependant, il n'y a plus que l'UMP qui est dans la majorité présidentielle avec le centre des ralliés à Sarkozy. Le MODEM (le parti de M. Bayrou) semble bas malgré le très bon score de son leader. Aucun poids lourd de l'UMP ne peut quitter le parti, ce serait quasi-suicidaire, M. Sarkozy est en haut de la vague (peut-être monte t-'il encore !), c'est pourquoi je dis que la dernière phrase du billet de Rafarrin est amère, mais rien de plus, tout simplement parce qu'il ne peut pas se le permettre
Adresse du lien
Une journée en correctionnelle, Partie III.a
Pendant l'audience des trois trafiquants, Michel T., le préveu était très passif, la tête posée contre le box, il ne semblait pas s'interesser au procès qui aurait pourtant trompé son ennui. Le peu de fois où nos regards se sont croisés, ses yeux étaient étonnamment fixes et son visage particulièrement inexpressif. Tout a commencé pendant le procès des trois trafiquants de canabis où un énorme avocat a glissé quelques mots à la greffière. Le juge a alors interrompu le procès.
"-Que se passe-t-il ?
-Mon client refuse que je prenne sa défense.
-Vous ne voulez pas être défendu par un avocat, dit le juge à Michel.
-Non.
-Levez-vous quand on vous parle ! En tout cas ce n'est pas gentil pour l'avocat qui s'est déplacé.
-..."
Après le long procès des trafiquants le juge a enfin saisi le dossier concernant Michel T. Il a énuméré son C.V. qui comportait une série honorable de condamnations pour vol ou pour violences.
"-1997, condamnation à 3 mois fermes pour vol à main armée. Qu'est-ce que c'était exactement ? demanda le juge au prévenu."
Profites bien de ces quelques phrases, lecteurs car de la bouche de Michel T. ne sortiront plus que des onomatopées.
"-C'est écrit sur votre feuille, répondit-il."
Le juge passe.
"-1998, condamnation à 4 mois fermes pour violences et vol à main armée. Qu'est-ce que c'était exactement ?
-C'est écrit sur votre feuille.
-Vous vous moquez du monde ? Répondez aux questions.
-C'est écrit."
Le juge devient alors tout rouge sous ses cheveux blancs.
"-Expulsez-moi.
-Ca suffit, je vais vous faire menotter.
-Faites-moi menotter, faites-moi sortir.
-Un peu de respect, menace durement le gendarme en lui touchant l'épaule, calme-toi."
Puis le juge reprend sa lecture. Il lit ensuite la déposition de la victime, un vieil homme de 60 ans, dont le prénom est Ahmed. Il ne s'est pas constitué partie civile. Il a déclaré à l'époque qu'en descendant d'un bus à Bastille, il avait senti qu'on le poussait dans le dos, il s'était retourné et avait dit "Pardon ?" l'air de demander "Que se passe t'il ?". Michel T., un clochard avait alors sorti un couteaux. Le vieil Ahmed avait alors laissé tomber ses affaires, était parti en courant, il avait alors croisé des gardiens de la paix, les avait réquisitionné. Le gardien de la Paix Vincent avait alors demandé au clochard s'il possédait quelque chose de dangereux sur lui. Ahmed avait alors lancé :
"-Montre-lui ton couteaux, allez, sors-le !"
Michel T. avait alors sorti son couteau et menacé Ahmed et les forces de l'ordre. Vincent lui avait dit de poser son couteau, Michel T. avait alors foncé sur le gardien de la paix, couteau à la main pour le poignarder. Après plusieurs sommations le gardien de la paix avait alors tiré à terre, réitéré ses sommations, tiré à nouveau à terre. Par ricochet, la 4ème balle s'était logé dans la jambe de Michel T. après un ricochet au sol.
Après avoir lu la déposition, le juge se tourna vers le vieux Arabe :
"-Vous confirmez vos déclarations ?
-C'est flou, entendis-je.
-Pardon ?
-C'est faux.
-Vous n'avez pas été menacé par un couteau ?"
Nouvelles dénégations.
"-Vos déclarations sont pourtant précises : "En sortant du bus, je me suis senti poussé, j'ai dit pardon, l'air de demander qu'est-ce qu'il y a et l'homme a alors sorti un couteau. J'ai vu la mort devant moi, j'ai lâché ma sacoche, et je suis parti en courant.""
-C'est faux.
-Pourquoi êtes-vous parti en courant alors, pourquoi avez-vous réquisitionné les forces de l'ordre ?
-Je ne sais pas.
-C'est par vous que tout est arrivé, s'énerve le juge, le législateur ne me permet pas de faire quelque chose contre vous mais ça me démange bien ! Vous pouvez vous asseoir."
...la suite bientôt
lundi 21 mai 2007
Une candidate à la députation visiblement motivée
Tenir un blog, même en payant l'hébergement soi-même ne paye pas de mine, de plus c'est un bon moyen de communication, c'est même presque aussi bien qu'un forum pour organiser et créer des débats.
Or sur 4 articles, il y en a deux les 5 mission (sic) du depute MPF et les 10 priorites du depute MPF qui sont tirés directement du site du MPF. A ceci près que les titres des articles précédent ont été modifiés. Mission a ainsi perdu son "s" (réforme orthographique ?) et député est passé au singulier, comme s'il n'y aurait plus qu'un député MPF à l'assemblée.
En guise d'introduction, une lettre de motivation de type lyrique, et un seul et unique article consacré à l'emploi, pardon à l'emploie : emploie:pole de competitivite..........et puis.
Sans compte la présentaiton de l'auteur : "Mariee 1 enfant cadre superieur de direction generale dans le secteur bancaire diplomee des arts et metiers (ITB)retraitee
originaire de TRESQUES.
j'ai decidee de m'engager en politique devant la situation catastrphique de la france due en grande partie a la mediocritee des polititiens de gauche et d'une certaine droite molle qui ont sacrifie au court terme (election oblige) les interets de la france et des francais."
Elle n'a même pas jugé bon de se relire, après avoir décidée (sic) de s'engager en politique, et j'en passe, bonjour la maîtrise du Français.
Bref un blog plutôt pauvre bien que récent et dont les fautes d'orthographe à chaque titre sèment le doute sur l'auteur ou bien sur sa volonté à tenir un blog.
dimanche 20 mai 2007
Réponse à l'article Mme Angèle Audier
On a le courage de ses idées au MPF ! J'ai visité le blog de Angèle Audier, candidate aux législatives dans le Gard. Le 20 mai, j'ai posté un commentaire à l'article les 10 priorites du depute MPF (sic et re-sic la citation du titre est exacte). Mon commentaire qui que j'ai reproduis fidèlement ici n'est ni grossier, ni insultant. Pourtant il a été retoqué direct puisque pas publié, laissons-lui cependant pendant 24h encore le bénéfice du doute.
1) Lutter contre l’insécurité et contre les violences aux personnes, qui ont augmenté de 13,9% depuis 2002, en punissant plus sévèrement les mineurs délinquants.
Les mineurs délinquants ont besoin d'éducation pas de prison, je pense que vous serez d'accord avec moi. Que pensez-vous des centres fermés ou bien de travaux d'intérêt général couplés à des mesures éducatives ? Nous n'avons rien à perdre à tenter cela, il sera toujours temps de punir un récidiviste une fois qu'il aura 18 ans.
2) Promouvoir les repères civiques et moraux et tourner l’école vers le respect, l’effort, la discipline et le patriotisme.
Admettons, qui pourrait remettre en cause cela, le respect est un sujet consensuel. Par contre je serais plus réservée sur le patriotisme, non pas que je n'aime pas mon pays, mais un excès de nationnalisme se construit souvent sur ce qui nous différencie de l'autre, et peut donc amener aux racisme, à la violence dans les stades.
3) Lutter contre les délocalisations en faisant instaurer des tarifs douaniers aux frontières de l’Europe pour protéger le travail de la concurrence des pays à bas salaires.
Pourquoi pas ?
4) Augmenter le pouvoir d’achat en lançant un grand plan de baisse des impôts et en supprimant les 35 heures obligatoires.
Quels impôts et comment ? Les impôts sur le revenus ? J'aimerai payer des impôts sur le revenu, je le dis car à ce moment ce serait synonyme d'une certaine aisance financière. Pourquoi ne pas baisser la TVA, cela inciterait davantage à la consommation (si c'est le but que vous recherchez) puisque les prix baisseraient quasiment automatiquement. De plus, les 35 heures ne sont pas un minimum, les heures supplémentaires sont toujours permises et possibles. Contrairement à ce que vous dites, les 35 heures sont plutôt 25 heures dans les grandes entreprises de distribution (pour ne citer qu'un exemple) où des femmes et des hommes souhaitent avoir un contrat à 35 heures afin d'avoir un salaire assuré plutôt qu'un contrat de 25h et être appelés que quand l'entreprise le souhaite.
5) Augmenter les petites retraites en abrogeant les régimes spéciaux et en alignant le régime des fonctionnaires sur celui des salariés du privé.
Etre simple fonctionnaire n'est déjà pas très motivant sur le plan de la carrière... maiq admettons
6) Soutenir les PME, les artisans et les commerçants en baissant les charges de 50% et en exonérant de charges sociales les heures supplémentaires.
Je veux bien soutenir les PME, mais la dette ? Comment financez-vous cela ?
7) Réduire les dépenses de l’Etat en ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et en mettant fin aux 100 milliards d’euros de gaspillages.
Même dans la justice où on a déjà pas assez de magistrats, même à l'école où les professeurs se sentent parfois dépassés, même chose pour les infirmières, et les policiers... Soit votre proposition est dangeureuse, soit elle n'est pas précise.
8) Proposer les grandes réformes par référendum afin de mettre fin aux blocages des syndicats et instaurer un service minimum en cas de grève.
Je suis d'accord avec la première partie de votre proposition, pour la deuxième partie, je voudrais nuancer. Dans un conflit social, tout le monde n'est pas d'accord pour faire la grève, dans les transports en commun (cas que je connais le mieux et pour cause, je prends le RER et le métro tous les jours), il y a souvent de fait un service minimum (1 train sur 2, 2 trains sur 3) car tout le monde ne fait pas grève. Cependant, pendant le conflit social de 97, il est vrai qu'il était impossible de se déplaçer, une partie des grévistes avec votre système aurait été contraint de travailler, cela remet en cause le droit de grève, ce que je ne souhaite pas.
9) Maîtriser l’immigration en rétablissant les contrôles aux frontières et en engageant une grande politique de Co-développement avec les pays pauvres.
Il y a déjà des contrôles aux frontières, vous pensez que l'on peut prendre l'avion comme cela ? Par contre je pense qu'il est temps de mettre en oeuvre une vraie politique de développement des pays pauver où l'argent ne va pas dans la poche des responsables politiques des pays en voie de développement.
10) Faire de l’assimilation une priorité nationale en réformant le code de la nationalité, en créant un «Service patriote» obligatoire, en s’opposant à la discrimination positive et au droit de vote des étrangers.
Pas de commentaires.
samedi 19 mai 2007
Une journée en correctionnelle, Partie II (Leçon de maturité affective)
Le jeune tente d'expliquer son geste :
"-Je lui ai demandé une cigarette, j'ai essayé d'être aimable, elle a été désagréable.
-Elle n'était même pas obligée de vous répondre, tique le juge.
-Elle m'a dit qu'elle n'en avait pas, je savais qu'elle mentait...
-Et alors ? gueule le juge, elle fait ce qu'elle veut si elle ne veut pas vous répondre, ensuite qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je me suis énervé, j'ai renversé la table juste pour lui faire peur, je suis désolé.
-Elle a dit que vous avez tenté de la voler
-J'avais vu le paquet, je voulais juste en prendre une.
-...
-Le 16ème je connais, ça m'énerve à force, j'ai été aimable.
-Mais vous êtes complètement immature affectivement, il faut grandir ! Elle n'a pas à vous répondre si elle ne veut pas vous parler ! A 27 ans j'étais déjà juge depuis 2 ans.
-Oui, c'est peut-être à cause de mon père si je suis comme ça.
-A cause de votre père ? Mais vous avez 27 ans !"
Le juge suit les réquisitions du procureur, verdict 200 €. L'homme en rajoute une couche.
"- En fait je voulais lui en acheter à l'unité."
Moment de suprême dédain dans les yeux du juge. Il s'est ensuite adressé à moi :
"-Vous êtes une prévenue ? Vous avez été convoquée ?"
-Non, je viens juste écouter.
-Vous avez le droit d'être là."
Malheureusement, le juge a gardé pour la fin les affaires les plus ennuyeuses où ni les parties civiles ni les prévenus, ni même leurs avocats ont jugé bon de se déplaçer. Le dossier est à chaque fois rapidement lu par le juge à voix assez basse, celui-ci tourne la tête vers le procureur qui propose une peine, ratifiée ou modérée aussitôt par le juge.
vendredi 18 mai 2007
Une journée en correctionnelle, partie I
Après être descendue du RER C, station Saint-Michel, j'ai filé d'instinct vers le boulevard du Palais sans doute attirée par les fourgons de CRS garés à proximité du tribunal.
Il y avait deux queues l'une très longue de touristes pour la sainte chappelle et l'autre pour le tribunal.
Pour entrer, il faut montrer patte blanche, l'homme devant a même envoyé sa veste aux rayons X, ça ne l'a pas empêché le gendarme de lui faire lever les mains et de lui passer son détecteur sur tout le corps, plan vigipirate oblige, sécurité des magistrat oblige. Dieu merci je n'ai pas eu le droit à cette faveur !
Je suis allée directement à l'accueil, autant commencer fort ! Les assises !
"- Bonjour, Monsieur, où sont donc les salles d'assises, s'il vous plaît ?
-Ici, ici et ici, me répond-il en dégainant un plan et en le marquant de rouge."
Je file avec espoir dans la plus proche, mais à la greffe je me fais jeter :
"- C'est à huis clos, les audiences reprennent mercredi prochain."
Dépitée, j'erre à l'aventure sans oser vraiment pousser les routes, je croise sur ma route, le TGI, pas de chance un avocat (ou un magistrat ?) me renseigne, il n'y aura pas d'audience publique. Je retourne donc à l'accueil et je demande à un type mal embouché où se déroule des audiences, il m'envoie à l'escalier B en m'indiquant une mauvaise direction. Je me retrouve facilement et j'entre enfin après une ou deux hésitation dans la XVIIème chambre corretionnelle.
mardi 15 mai 2007
Video sur la repentance
Voici une video où Zemmour se fait le porte parole de N. Sarkozy
Ici Bernard Henri Lévy critique la politique de N. Sarkozy.
De plus vous pourrez retrouvez les videos des discours de N. Sarkozy sur le site de l'UMP (voir la rubrique liens divers).
jeudi 10 mai 2007
Les manifestations après l'élection de M. Sarkozy
Ils protestent.
Ils protestent contre quoi ? Contre le suffrage universel ? Contre un programme qui n'a pas encore été appliqué ? Ces manifestations "préventives" ne sont pas respectueuses de la voix sacrée du peuple qui s'est exprimé il y a à peine 4 jours démocratiquement.
Lorsque M. Sarkozy aura obtenu une majorité qui lui permet d'appliquer son programme, lorsqu'il fera voter la suppression de la carte scolaire, lorsque qu'il instaurera la sélection à l'université, lorsqu'il vendra l'université aux entreprises (si tenté qu'il le fasse...) il sera toujours temps de manifester. Il sera toujours temps d'exprimer notre désaccord.
En attendant, prenons acte de l'accession de M. Sarkozy à la présidence de la république.
vendredi 4 mai 2007
M. Sarkozy et la repentance
I. Le mot "repentance" dans le discours de N. Sarkozy.
Considérons les discours de campagne de M. Sarkozy du 1er mars au 3 mai, le mot repentance apparaît presque à chaque fois, dans 17 de ses allocutions. Remarquons que ce mot revient dans sa bouche parfois à plusieurs endroits éloignés d'un même discours comme dans celui 29 avril où la repentance est représentative de plusieurs idées.
La repentance a des synonymes chez M. Sarkozy qui sont différents de ceux du dictionnaire qui sont le regret, le remord et le repentir. Dans le discours du 19 avril, la repentance semble être au moins en partie un contraire de la compréhension et du respect.
Aux Algériens, aux Marocains, aux Tunisiens, à tous les ressortissants de nos anciennes colonies qui espérant dans la France sont venus y vivre, je veux dire que la France leur tend la main, qu’elle les accueille fraternellement, qu’elle ne leur offre pas la repentance mais la compréhension et le respect.Discours de N. Sarkozy, le 19 avril 2007
Chez M. Sarkozy, faire repentance est se dénigrer.
Ici, on n’aime pas la repentance, cette mode exécrable qui veut faire expier aux fils les fautes supposées de leurs pères. Ici on n’aime pas la repentance qui est un dénigrement systématique de la France et de son histoire.
Je déteste cette repentance qui est une forme de la détestation de soi parce que l’on n’a qu’un pays. Le détester c’est se détester soi-même.Discours de N. Sarkozy, le 17 avril 2007
Admettre qu'on a eu tort, c'est à dire se repentir peut-être vu de deux manières différentes. Chez certains, revenir sur ce qu'on a dit, changer, c'est rendre à l'autre ce qu'on lui doit et c'est admettre qu'on a mal fait. Changer nous enrichit et nous fait prendre conscience qu'un autre point de vue existe. On ressord alors grandit de l'expression de regrets. Chez d'autres en revanche, éprouver des regrets, c'est capituler, c'est reculer et c'est se soumettre à d'autres. S'excuser est associé à l'idée de honte et finalement tout cela rabaisse.
Il me semble que M. Sarkory est dans une certaine mesure, plus proche de ce deuxième point de vue, dans cette dernière citation, on voit que pour lui la repentance est un dénigrement, c'est à dire que celui qui éprouve des remords au sujets de certains choses qui ont été faites au nom de la France se méprise lui-même. Cette idée a été soutenue plusieurs fois dans les allocutions de M. Sarkozy, par exemple le 13 mars 2007 :
la France n’a jamais demandé à personne de se renier. Mais à force d’excommunier la nation, à force de dénigrer la France, à force de la mettre en demeure d’expier son histoire, à force de cultiver la repentance et la haine de soi, il devient de plus en plus difficile d’intégrer, de socialiser et même d’éduquer. Car on cherche rarement à s’intégrer à ce qu’on a appris à détester.L'allocution de M. Sarkozy du 28 mars 2007, nous montre clairement que la repentance est associée à la honte :Discours de N. Sarkozy, le 13 mars 2007
Vous en avez assez de la repentance.
Vous en avez assez que l’on cherche à vous imposer d’avoir honte de la France, de son histoire, de ses valeurs.Discours de M. Sarkozy, le 28 mars 2007
Finalement, M. Sarkozy tout en reconnaissant que M. Chirac a bien fait de s'excuser pour les crimes commis par la France de Vichy, par exemple semble vouloir nous mettre en garde contre un excès d'excuse. Cela dit, l'espace est étroit entre ces deux attitudes et M. Sarkozy associe la repentance à d'autres idées négatives.
II. La repentance est une entrave dans les discours de M. Sarkozy.
Nous avons vu d'une manière générale que la repentance avait une connotation négative dans les allocutions de M. Sarkozy. Alors que la repentance est dans un langage neutre le remord public, chez M. Sarkozy, elle est associée à divers thème comme le patriotisme, la liberté de pensée et la haine de l'autre.
La repentance selon M. Sarkozy est une atteinte directe au patriotisme.
J’ai voulu parler de la France parce que depuis trop longtemps elle était dénigrée et parce qu’à force de l’abîmer, à force de l’abaisser, à force de renier son histoire, sa culture, ses valeurs, à force de tout détester, de détester la famille, la patrie, la religion, la société, le travail, la politesse, l’ordre, la morale, à force on finit par se détester soi-même. Et je pense que la détestation de soi est toujours le commencement de la détestation de l’autre.
A force, c’est notre capacité à nous parler, à nous comprendre, à nous supporter qui se trouve remise en cause. C’est notre capacité à vivre ensemble qui se trouve menacée.
Je déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son Histoire.Discours de N. Sarkozy, le 19 avril 2007
Rappelons que faire repentance c'est se repentir publiquement, ainsi M. Nicolas Sarkozy semble résumer en un mot le reniment de son histoire, de sa culture, de ses valeurs et de toutes les autres choses qu'il a citées. Dans la citation précédente lorsqu'il parle de cette mode de la repentance, le président de l'UMP désigne bien la repentance comme une atteinte au patriotisme. Il est vrai que pour exalter la ferveur à l'endroit de la France, il ne faut pas s'appesantir sur ses heures sombres mais plutôt sur ses heures de gloire, cependant en assimilant la repentance au dénigrement de soit et ses valeurs républicaines -car le respect de la patrie, de la société, du travail, etc... sont bien des valeurs républicaines -, M. Sarkozy nous interdit d'éprouver des regrets. Vous pensez que la colonisation a été une erreur de la France? Vous êtes anti-patriote, voire anti-France. Et M. Sarkozy nous confirme qu'il n'y a pas de voie entre la sienne et celle qu'il dénonce.
Je veux que l’on respecte la Nation.
Je veux dire aux Français qu’ils auront à choisir entre ceux qui aiment la France et ceux qui affichent leur détestation de la France.
Français au sang mêlé, qui doit tout à la France, je suis fier d’être Français.
Je veux redonner à tous les Français la fierté d’être Français.
Je veux leur dire qu’ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l’Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu’ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux.Discours de N. Sarkozy du 30 mars 2007
Cette idée de la repentance comme obstable au patriotisme est confirmée à plusieurs reprises.
Je veux prendre mes responsabilités. Nous avons eu le tort de trop laisser dénigrer la France, son histoire et son identité.
Je déteste cette mode de la repentance qui exprime la détestation de la France et de son Histoire.
Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers de notre pays.
Je déteste la repentance qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires.
Je déteste la repentance qui dresse les Français les uns contre les autres en fonction de leurs origines.
Je déteste la repentance qui est un obstacle à l’intégration parce que l’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester, alors que l’on devrait le respecter et l’aimer. Voilà ma véritéDiscours de N. Sarkozy, 5 avril 2007
Notons que la repentance est associée à des idées plus fortes encore, reconnaître que la France a fait des victimes revient à abaisser la France plus bas que Terre.
La France n’a jamais demandé à personne de se renier. Mais à force d’excommunier la nation, à force de dénigrer la France, à force de la mettre en demeure d’expier son histoire, à force de cultiver la repentance et la haine de soi, il devient de plus en plus difficile d’intégrer, de socialiser et même d’éduquer. Car on cherche rarement à s’intégrer à ce qu’on a appris à détester.Discours de M. Nicolas Sarkozy, le 13 mars 2007
Mais alors, faire preuve d'un excès envers une victime de la politique de la France, donner trop à un Juif déporté, à un Algérien assassiné gratuitement par l'armée française, c'est donc exacerber les communautés ? Peut-être. C'est expier son histoire ? Un peu. C'est apprendre à détester la France ? Au contraire si la France se grandit en reconnaissance qu'elle a mal agit. C'est excommunier la France ? Certainnement pas. Il vaut mieux indemiser un peu trop une victime que ne pas le faire assez, et M. Sarkozy qui se pose en défenseur des victimes devrait se le rappeler.
La repentance selon M. Sarkozy nous prive de notre liberté de penser, voire de notre liberté de pensée. En effet, nous avons vu que la repentance selon M. Sarkozy s'oppose aux valeurs républicaines. Selon M. Sarkozy la repentance est une arme de la pensée unique qui vise à nous imposer une certaine vision des choses.
Ils ne veulent pas de la repentance. Ils ne veulent pas de ce dénigrement de la France, de ses valeurs et de son histoire, qui n’est rien d’autre qu’une forme de haine de soi. Car haïr la France quand on est Français c’est se haïr soi-même. Car mépriser la France quand on est Français c’est se mépriser soi-même.Discours de M. Sarkozy, le 6 mars 2007
La repentance nous impose la haine. Il s'agit d'un retournement de valeurs, en effet la repentance ou le remord est un changement. C'est quand on s'aperçoit qu'on a mal fait qu'on se repent ou bien qu'on a des remords, on modifie alors sa pensée. Sans la repentance il est possible de changer mais il n'est pas possible de reconnaître réellement ses erreurs. A quoi bon reconnaître que l'on s'est trompé si ce n'est pour ne rien ressentir. Faire repentance, c'est démontrer qu'on est pas prisonnier de ses actions passées. Ne pas avoir de regret vis à vis de ce qu'on a fait, c'est justement être enfermé, c'est justement continuer à haïr celui à qui on a fait du mal.
III. Un certaine idée de l'histoire de la France.
Nous avons vu que M. Sarkozy ne veut pas d'un excès d'excuses envers la politique de la France dans ses heures sombres. M. Sarkozy dit à plusieurs reprises que la repentance vise à faire expier aux fils les fautes supposées des pères.
Il y avait la repentance qui demandait aux fils d’expier les fautes supposées de leurs pères et même de leurs
aïeux ou de leurs ancêtres.Discours de N. Sarkozy du 3 mai 2007
M. Sarkozy ne développe pas ce qu'il entend par fautes supposées, cependant il est certain que nos pères commis des fautes, il en ont commises pendant la colonisation, sous la république de Vichy, nos aïeux aussi, certains ont défendu l'esclavage et l'on peut remonter loin comme cela. Dans son discours du 3 mai, M. Sarkozy persiste et signe ce qu'il a dit à d'autres occasions.
Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ?Dicours de M. Sarkozy du 23 avril 2007
Ici, on n’aime pas la repentance, cette mode exécrable qui veut faire expier aux fils les fautes supposées de leurs pères. Ici on n’aime pas la repentance qui est un dénigrement systématique de la France et de son histoire.Dicours de N. Sarkozy, le 17 avril 2007
Refuser la repentance, nous amène avec M. Sarkozy à ne pas prendre en considérations les souffrances passées des ressortissants de nos anciennes colonies. Les Harkis, par exemple ont le droit à nos excuses, et ce n'est que trop juste, les autres à notre considération.
Aux enfants des harkis qui ont servi la France, qui ont dû fuir leur pays et que la France a si mal accueillis, je veux dire que si la France doit des excuses et des réparations, c’est à eux qu’elle les doit et à personne d’autre.Il ne s'agit pas pour nous de dire si la politique de la France a été bonne ou mauvaise dans les colonies mais simplement de remarquer que M. Sarkozy coupe court dans ces quelques phrases à toute possibilité de reconnaissance des fautes comises. Doit-on dire aux personnes qui ont été torturées en Algérie qu'elle ont le droit à notre compréhension et à notre respect ? Car selon ces paroles, seuls les Harkis ont le droit à nos excuses. Ainsi en ne donnant pas aux victimes de nos erreurs politiques leur dû, on exacerbe les communautarismes au lieu de les calmer.
A tous les anciens combattants de nos anciennes colonies, je veux dire la reconnaissance de la France et je veux rendre hommage à jacques Chirac de leur avoir rendu justice.
Aux Algériens, aux Marocains, aux Tunisiens, à tous les ressortissants de nos anciennes colonies qui espérant dans la France sont venus y vivre, je veux dire que la France leur tend la main, qu’elle les accueille fraternellement, qu’elle ne leur offre pas la repentance mais la compréhension et le respect.Discours de N. Sarkozy du 19 avril 2007
M. Sarkozy exacerbe au contraire les communautés entre elles, il y a les bonnes victimes et les autres :
A Aigues-Mortes les femmes protestantes enfermées dans la Tour de Constance ont gravé sur les murs de leur
prison « Résister », aucune d’ente elles n’a écrit « mort à la France » comme on le voit aujourd’hui sur certains
murs.Discours de M. Sarkozy le 3 mai 2007
Lorsque l'on doit examiner ses fautes passées, il est de mauvais ton de se comparer à ceux qui ont fait pire que nous.
Alors, c’est vrai, il y a dans notre histoire des erreurs, des fautes, des crimes, comme dans toutes les histoires de
tous les pays. Mais nous n’avons pas à rougir de l’histoire de France.
La France n’a pas commis de génocide, elle n’a pas inventé la solution finale. Elle est le pays qui a le plus fait
pour la liberté du monde. Elle est le pays qui a le plus fait rayonner les valeurs de liberté, de tolérance,
d’humanisme.Discours de M. Sarkozy du 3 mai 2077
M. Sarkozy ne veut rien reconnaître à la France de pire que des crimes, mais nous avons à rougir d'une partie de l'histoire de la France. Nous avons à rougir de l'esclavage, du code Noir, de la Terreur, choses relativement anciennes. Alors que la déclaration des droits de l'homme date du XVIIIème siècle, le code de l'indigénat qui divise en deux les citoyens français et les sujets français prive ces derniers de leur liberté et de leurs droits. Ce code a été aboli en 1946 et a été maintenu d'une certaine façon grâce au statut mulsulman jusqu'à l'indépendance.
Dans ces discours en nous laissant une étroite marche de manoeuvre entre l'oubli, le souvenir et la repentance, M. Sarkozy nous interdit d'exprimer une certaine pensée désignée à l'avance comme anti-patriotique et anti-française. Il revisite l'histoire de France d'une certaine façon, n'apaise pas les revendications de certaines victimes de la France en ne leur donnant pas justice et refuse le changement, la discussion.